Sur les douze derniers mois, le solde de la balance commerciale se redresse pour la première fois depuis l’année 2002, mais reste déficitaire à 6,2 milliards d’euros. En fait, ce progrès apparent traduit la contraction des échanges commerciaux d’une filière structurellement déficitaire. Les exportations souffrent de la crise plus encore que les importations. Mais, à elle seule, l’importance de la baisse de ces dernières en valeur absolue explique la réduction du déficit. Cependant, tous les secteurs ne sont pas frappés au même degré. Les biens de consommation ou intermédiaires résistent mieux que les produits bruts ou peu transformés.
Principales tendances du commerce extérieur
Les faits marquants : le déficit du solde des échanges se réduit pour la première fois depuis 2002
A première vue, la situation pourrait sembler favorable. La dégradation du déficit des échanges, pratiquement continue depuis 2001, semble avoir atteint son maximum pendant l’année 2007. Le déficit se réduit légèrement sur les douze derniers mois, et atteint 6,2 milliards d’euros soit un peu moins que sur la période précédente (6,4 milliards d’euros). Les importations, longtemps en forte hausse se contractent de 8 % mais les exportations, déjà affectées par la crise, souffrent plus encore (-11 %). Le recul des échanges est généralisé, mais tous les secteurs ne sont pas touchés de manière identique. Les biens de consommation ou intermédiaires, meubles, papiers et cartons, ouvrages de tonnellerie et de menuiserie, sont moins affectés par la réduction des échanges qui ne représentent en général pas plus de 10 % en exportations comme en importations.
En revanche, les secteurs producteurs de produits bruts ou peu transformés sont touchés de plein fouet : pâte à papier et papier à recycler, placages et panneaux, lames et frises pour parquet, et surtout les bois ronds et les sciages en particulier les bois tropicaux.
Meubles, pâtes, papiers : les gros poids du déficit
Les faits marquants : dégradation du solde des échanges des pâtes de bois et vieux papiers
• Meubles et sièges en bois : après la forte dégradation de 2007, le creusement du déficit des échanges s’atténue depuis 2008. Sur les douze derniers mois, il plafonne autour de 2 milliards d’euros. Le courant d’échanges se ralentit mais de manière plus limitée que dans les autres secteurs (- 4 % pour les exportations comme pour les importations).
• Pâtes de bois et vieux papiers : du fait du caractère structurellement déficitaire de ce secteur, la contraction des échanges est favorable à la balance commerciale. Sur les douze derniers mois, le solde, tout en restant négatif, descend sous la barre de 0,6 milliard d’euros. Les exportations se réduisent de 18 % et les importations de 14 %. Même les papiers et cartons à recycler, qui résistaient depuis de longues années, sont atteints à leur tour.
• Papiers et cartons : le solde baisse dans tous les compartiments de ce secteur. Celui du papier journal tout en restant positif, se contracte à 91 millions d’euros. Il continue de se dégrader sur les papiers et cartons transformés dont les exportations reculent de 5 % alors que les importations sont à peu près stables (- 1 %). Le redressement ne se confirme pas sur les papiers et cartons bruts, les exportations (- 9 %) reculant plus vite que les importations (- 7 %). De ce fait, le déficit s’alourdit sur les douze derniers mois par rapport à la période précédente (2,0 milliards d’euros contre 1,8).
Travail mécanique du bois
Les faits marquants : les ouvrages de tonnellerie à leur tour atteints par la crise
• Feuilles de placage : la dégradation entamée depuis quatre ans continue de s’atténuer sur les derniers trimestres. Les importations reculent de 27 % et les exportations de 25 % sur les douze derniers mois.
• Panneaux de particules : l’embellie qui durait depuis le milieu de l’année 2001 est bien terminée. Sur les douze derniers mois, les exportations régressent de 20 % alors que les importations ne reculent que de 4 %. Le solde reste positif mais se contracte à 122 millions d’euros.
• Panneaux de fibres : la dégradation du solde, perceptible depuis le milieu de 2007, s’accélère. Sur les douze derniers mois, le déficit se creuse à 91 millions d’euros. Sur la même période, les exportations reculent de 28 % alors que les importations se maintiennent (- 2 %).
• Contreplaqués : le redressement observé en 2007 ne se prolonge pas. Sur les douze derniers mois, les exportations reculent de 20 % et les importations de 18 %. Le déficit est stable à 72 millions d’euros.
• Lames et frises pour parquets : la dégradation du solde, devenu négatif pour la première fois au troisième trimestre 2005, continue de s’aggraver. Sur les douze derniers mois, les importations se contractent de 10 % alors que les exportations régressent de 33 %.
• Ouvrages de tonnellerie : ce secteur qui avait bien résisté est à son tour atteint par la crise depuis la fin de l’année 2008, mais à un degré moindre pour l’instant (- 7 % pour les exportations sur les douze derniers mois). L’excédent de cette période se réduit à 300 millions d’euros. Les Etats-Unis restent notre premier client (43 % de nos exportations) devant l'Espagne (12 %), l'Italie et l'Australie (9 %), suivies par le Chili (6 %) et l'Afrique du Sud (5 %), puis par l’Argentine et la Nouvelle-Zélande (3 %).
Bois ronds
Les faits marquants : les importations de bois ronds tropicaux s’effondrent
Après une forte dégradation en 2007, le solde des échanges de bois ronds retrouve l’équilibre des années 2002 à 2006.
Les importations de bois ronds tropicaux s’effondrent au premier trimestre 2009. Sur les douze derniers mois, elles se contractent à 96 millions d’euros contre 142 millions sur la période précédente.
Les exportations de feuillus tempérés sont frappées de plein fouet par la crise économique (- 26 % sur les douze derniers mois). Les grumes de chêne, emblématiques de la forêt française, sont particulièrement affectées (- 36 %). Toutes les destinations sont touchées, y compris la Chine qui avait constitué un débouché important en 2007. Les feuillus divers (- 27 %) ne s’en sortent guère mieux. Le hêtre, mal en point depuis plusieurs années, est un peu moins touché (- 22 %). Seul le peuplier se tire d’affaire (- 1 % seulement).
Le recul spectaculaire des importations de bois ronds résineux (- 39 %) induit une amélioration du solde des échanges qui se rapproche de l’équilibre. De ce fait, le solde des échanges de bois ronds résineux, devenu négatif pour la première fois en 2006, commence à se redresser. L’Allemagne, notre premier founisseur, représente désormais moins de la moitié de ces importations ; après avoir doublé en 2007, celles-ci se réduisent de 49 % sur les douze derniers mois. Les conséquences de l’ouragan Kyrill, qui a frappé l’Allemagne en janvier 2007, se sont effacées alors que les effets de la tempête Klaus qui a frappé le Sud-Ouest de la France le 24 janvier 2009 ne sont pas encore perceptibles sur les volumes exportés.
Sciages
Les faits marquants : les importations de sciages résineux poursuivent leur recul
• Résineux : après son record historique de 746 millions d’euros en 2007, le déficit se réduit à 607 millions d’euros sur les douze derniers mois. Les importations, après avoir atteint un plafond en début d’année 2007, ont ralenti à partir du milieu de l’année et connaissent depuis le deuxième semestre 2008 une chute brutale qui s’accélère au premier trimestre 2009. Sur les douze derniers mois, elles se contractent de 20 % à 709 millions d’euros mais les exportations reculent de 29 % à 102 millions d’euros.
• Chêne : l'excédent, qui avait battu son record en 2005, se réduit à 59 millions d'euros sur les douze derniers mois. Les exportations diminuent de 18 % et les importations de 16 %. Les Etats-Unis restent notre premier fournisseur avec 13 % de nos achats, part de marché à peu près constante depuis 2001.
• Hêtre : comme les grumes, les sciages de hêtre sont moins sensibles que le chêne à la dégradation de la conjoncture. Les exportations reculent cependant de 12 %, de sorte que l’excédent se réduit à 22 millions d’euros sur les douze derniers mois.
• Tropicaux : comme celles de grumes, les importations de sciages tropicaux s’effondrent. Avec une diminution de 34 %, elles n’atteignent plus que 157 millions d’euros sur les douze derniers mois. Néanmoins, sur cette période, la part de marché des différents continents d’origine n’évolue guère. Les volumes importés proviennent pour 45 % d'Afrique occidentale, 41 % du Brésil et 14 % d'Asie du Sud-Est.
Pour visualiser l'intégralité des indicateurs ainsi que les Mises en perspectives, téléchargez le dossier Agreste Infos rapides - Commerce extérieur bois et dérivés - n°4/4 - Septembre 2009
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Source: Agreste (26/10/2009)